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Avez-vous une passion ?

1. “J’avais du goût pour tant de choses que je ne ne pouvais éprouver de passion pour rien” Maupassant

Semaine 1 :

Lundi, j’ai entraînement de rugby.

Mardi, je ne sors pas, je fais une pause.

Le mercredi, c’est soirée jeu de société ou film à la maison.

Jeudi, j’ai mon cours de langue.

Vendredi, je joue à la pétanque ou je bois des verres avec des amis.

Samedi, j’ai souvent match de rugby, sinon je vais faire un foot ou bien je vais courir. Le soir, je sors à nouveau dans un bar quelconque, en terrasse de préférence.

Dimanche, je vais prendre un café en terrasse, je vais voir un expo et le soir je vais au cinéma.

Voici une semaine assez classique d’un jeune citadin aisé. Pour ne rien vous cacher, c’est ma semaine type. C’est une semaine bien remplie, rassurante, active. Une semaine dont je suis satisfait. Sauf que ce qui se passe ensuite, c’est ça :

Semaine 2 :

Lundi, j’ai entraînement de rugby.

Mardi, je ne sors pas, je fais une pause.

Le mercredi, je vais voir une expo ou sinon, c’est soirée jeu de société ou film à la maison.

Jeudi, j’ai mon cours de langue.

Vendredi, je joue à la pétanque ou je bois des verres avec des amis.

Samedi, j’ai souvent match de rugby, sinon je vais faire un foot ou bien je vais courir. Le soir, je sors à nouveau dans un bar quelconque, en terrasse de préférence.

Dimanche, je vais prendre un café en terrasse, je vais voir un expo et le soir je vais au cinéma.

Et oui, les semaines se suivent et se ressemblent ! Je ne peux rien y retrancher, rien y ajouter. J’aime chacune de ces activités à part égale et je n’ai pas de 8ème jour qui me permettrait d’en rajouter une autre. Que puis-je donc y trouver à redire ? Après tout, j’ai une vie plutôt agréable.

2. “Nous ne savons jamais si nous ne sommes pas en train de manquer notre vie.” Marcel Proust

Elles sont plaisantes ces semaines, la vie est belle et facile : je ne suis absolument pas à plaindre. Mieux, je n’ai pas le droit de me plaindre ! J’ai une vie sociale bien remplie et chaque semaine apporte son lot de nouveautés qui suffisent à me satisfaire : un nouveau film au cinéma, une nouvelle expo, un nouveau restaurant, un anniversaire à célébrer, etc... Mais au bout d’un certain temps, lorsque je fais un arrêt sur image, lorsque tel le narrateur de la recherche du temps perdu, j’ai un électrochoc qui me fait prendre conscience du temps écoulé, j’ai la désagréable impression d’avoir fait du sur-place, d’avoir nagé entre les bouées avec un gilet de sauvetage, dans le sens du courant.

3. “Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l'habitude le remplit.” Marcel Proust

Qu’ils semblent rares aujourd’hui les citadins absorbés par une passion, au point qu’ils y consacrent leurs journées et leurs nuits, qu’ils y sacrifient leur confort, qu’ils s’y jettent tout entier, sans prendre garde, sans arrière pensée ! C’est vrai qu’il y a tellement de choses à faire en ville, de musées à visiter, de bars et restaurants à tester, de sports à expérimenter, qu’il paraît vraiment dommage de se restreindre à une seule activité.

Pourtant ceux-là, les passionnés, les "mono-tâche", pour peu qu’on arrive à leur mettre la main au collet et à les faire parler, sont pareils à des bombonnes d’oxygène ; ils sont un bol d’air frais, ils sont contagieux et donnent envie d’insuffler dans nos vie un brin de folie. Ceux-là, ce sont les artistes, les chercheurs, les artisans, ou encore tous ceux qui font de leur passion leur vie. Je ne les envie pas forcément car une passion est très personnelle mais je les admire d’avoir un jour fait un choix drastique. Et je pense qu’il est primordial de les côtoyer.

C’est pour cela qu’on incite vraiment tout ceux qui partent auCalme à aller rencontrer des producteurs locaux. Car ce sont très souvent des gens passionnés. Je peux donner l’exemple de cette famille de producteurs de cidre normand qui depuis trois générations concocte son breuvage avec très peu de moyens, de façon totalement artisanale, dans un alambic manuel. C’est à dire que nuit et jour, il faut ajouter du bois sous l’alambic pour alimenter le feu. Père et fils se relaient, inlassablement, années après années, animés par l’idée de créer un cidre unique, à leur image. Ces gens là sont intarissable sur le sujet. Ils vous accueillent à bras ouverts, ils ne vivent de rien mais semblent avoir tout. Encore une fois, je ne les envie pas, mais passer quelques heures avec eux remet en perspective ma façon de vivre et m’incite à me renouveler encore et encore, à ne pas subir mais être constamment en conscience, maître de mes choix.

Rencontrer des gens passionnés, sortir de sa zone de confort, c’est un garde fou. C’est l’assurance de pouvoir se remettre soi-même en question et de pouvoir chaque semaine, s’auto-critiquer de façon positive, pour ne pas risquer de vivre en total décalage avec ses propres valeurs. Alors, les passionnés, manifestez-vous et partagez-nous votre passion !

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