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Ce qu’on a appris grâce à auCalme

Retour d'expérience

Le week-end dernier, nos derniers clients sont partis auCalme. C'est donc avec un peu de tristesse mais beaucoup de fierté qu'on annonce officiellement la fin d'auCalme. Comme dit le dicton : tout est bien qui finit bien.

Le dernier témoignage auCalme est plutôt bon :)

Depuis un an, nous avons permis à quelques centaines de clients de partir en week-end à la campagne, dans un endroit de rêve, à moins de trois heures de chez eux et de vivre une expérience de déconnexion totale. Les retours clients étaient excellents, les hôtes qui accueillaient étaient également ravis d’avoir des invités qui ne se précipitaient pas sur Trip Advisor dès le petit-déjeuner et qui engageaient volontiers la conversation. Nous avions construit un solide réseau de gîtes et maisons d’hôtes et avions une base de leads intéressés importante.

Alors, il est où le problème ?

Avant de nous lancer, un entrepreneur nous avait averti : faites attention à bien définir vos objectifs, qu’ils soient clairs, avec des échéances temporelles, tant que vous les tenez, vous continuez avec de nouveaux objectifs plus ambitieux, sinon vous arrêtez avant de vous embourber. Le but : garder du recul sur ce qu’on fait, arriver à mesurer les résultats de façon relative et non absolu (faire cinq ventes week-end c’est bien, mais si l’objectif est de vingt ventes par week-end…), garder un cap, savoir quand il faut mettre un coup de collier ou jeter l’éponge. Vous devinez ? Nous n’avons pas tenu nos derniers objectifs.

C’était quoi le plan ?

1er objectif : faut-il se lancer ?

Nous avons commencé à réfléchir à auCalme en juillet 2017 avec un premier objectif pour septembre de la même année : est-ce que l’offre de déconnexion sur un week-end est intéressante et monétisable. Bref, y a-t-il un marché ?

Premier objectif tenu, un typeform distribué à plus de 700 personnes, des réponses plus qu’encourageantes, 350 mails récoltés et une bonne base pour débuter le projet.

2ème objectif : se lancer

Nous sommes donc en septembre 2017, nous démarrons à plein temps sur auCalme. Nous intégrons rapidement le SchooLab avec une idée claire : tester et valider le concept avant la fin de l’année. Résultats, dés novembre on faisait partir des clients sélectionnés pour leurs profils différents sur sept week-ends dans deux lieux en Normandie. Retours excellents, beaucoup de choses à changer mais on a le feu vert pour enclencher la seconde.

3ème objectif : vendre en ligne + tester une expérience B2B

Nous lançons la boîte en février, sortons notre site internet ; un simple CMS assemblé à Typeform et Stripe le tout orchestré par Zappier. Ça fera l’affaire et nous commençons à vendre des week-ends régulièrement, un par semaine d’abord, puis deux, puis trois pour atteindre une moyenne de quatre par semaine en juin dernier. Sauf que pour que ce modèle fonctionne il faut au moins vingt week-end / semaine ou bien changer les prix qui paraissent déjà élevés. Nous décidons donc de tester notre offre en B2B également. En mars dernier, nous réussissons à vendre un séminaire à une start-up d’une journée pour quinze personnes 3000€, soit plus de 10 week-ends B2C. C’est ici qu’on n’a pas vu le bon virage à prendre.

4ème objectif : être rentable avant décembre

L’objectif est d’être rentable rapidement. Il faut donc accélérer les ventes. Malheureusement incapables d’abandonner notre modèle B2C, nous persistons à le commercialiser et nous fixons 15 ventes semaines tout en vendant deux séminaire par mois. Nous serions rentables et aurions la possibilité de recruter un ou deux stagiaires pour nous épauler. Mi novembre, le couperet tombe, nous n’avons pas avancé sur le B2B et stagnons sur les ventes B2C. Nous n’atteindrons pas nos objectifs. Il faut pivoter.

Alors pourquoi on ne pivote pas ?

Le pivot B2B a toutes les chances de fonctionner, on a une preuve de concept, un argumentaire commercial solide, un réseau de décisionnaires en startup, bref les éléments sont réunis pour que ça fonctionne. Oui mais le souci c’est que cette décision aurait dû être prise six mois plus tôt, et que la pression financière est aujourd’hui trop forte pour nous. Les comptes sont dans le vert, nos charges minimes mais nous n’avons pas de quoi nous payer et il faut bien vivre. On doit s’y résoudre, une non-décision nous aura été fatale. Il est temps de rendre notre tablier.

Qu’est-ce qu’on changerait si c’était à refaire ?

Pas grand chose. On s’est donné les moyens d’essayer, on a fait les choses dans l’ordre, on est allé vite sans se précipiter, on s’est entouré de personnes extrêmement bienveillantes, on s’est fixé des objectifs clairs, on ne les a pas tenus, c’est le jeu. J’ai simplement un conseil pour tous les néo-entrepreneurs : ne vous attachez pas à votre idée, même si vous en êtes fiers, même si vous avez déjà des clients. Nous aurions dû nous rendre compte du plafond de verre de notre modèle B2C bien plus tôt et pivoter quand il était encore temps. Notre inexpérience nous a joué un tour mais on ne nous y reprendra plus.

On est fiers de :

  • S’être lancés et s’être lancés rapidement.
  • Avoir eu des clients, chaque semaine et de ne pas avoir eu un seul avis négatif sur les week-ends !
  • Avoir sensibilisé des centaines de personnes à l’importance de la déconnexion.
  • Avoir appris à :
    • Utiliser la suite Adobe pour créer nos livrets de week-end
    • Utiliser Sketch
    • Créer un journal papier
    • Créer un jeu de cartes (l'entrepreneuriat mène à tout...)
    • Créer un site Internet
    • Avoir un bon SEO et quelques bonnes campagnes SEM
    • Créer un blog lu et apprécié
    • Parler en public
  • Avoir accepté de renoncer quand il en est encore temps et que les finances sont saines.
  • Avoir traversé la France de long en large.
  • Avoir gardé une super entente dans la réussite comme dans l’échec entre associés.

Merci infiniment à :

Les amis qui sont venus nous aider, certains plusieurs semaines ! Donc immenses mercis à Zineb et les deux Raphaël !

Nos différents mentors Amaury, Pierre-Yves, Nicolas, Baptiste, qui sont intervenus à différents stades du développement d’auCalme, qui nous ont accordé beaucoup de temps et qui n’ont pas arrêté de nous challenger.

Nos clients qui, malgré notre site internet bootstrapé, nous ont fait confiance quand on leur disait que l’expérience allait les transformer et qui nous rendent fiers de nous aujourd’hui.

Nos hôtes avec qui nous avons tissé des liens qui vont au-delà du simple lien client – fournisseur et chez qui nous iront séjourner quand nous souhaiterons couper le temps d’un week-end.

Et finalement tous les gens bienveillants rencontrés au long du projet !

En voilà une réaction qui fait chaud au coeur ! Merci Christophe :)

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